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Des élevages atypiques


En Limousin


C’est à l’époque Néolithique que les Hommes ont commencé à domestiquer les animaux pour les élever. La pratique évolue au fi l des siècles, permettant en plus de se nourrir, de fabriquer divers objets et vêtements.

Aujourd’hui parmi les élevages les plus ré-pandus on trouve les familles des bovins, des porcs, des ovins etc. Et si notre région est ré-putée pour ses vaches limousines, reconnais-sables à leurs belles robes marron, certains éleveurs ont pris des chemins de traverse avec des animaux plus atypiques. Comme au Far West : l’élevage du Palais. Depuis 2001 Florence Verheyen et David Pa-turaud élèvent des bisons des plaines d’Amé-rique à Bourganeuf. Cette espèce étant la seule à pouvoir être vendue à des fins commerciales le choix du couple s’est donc porté sur elle. Indomesticables depuis toujours, les bisons sont des ruminants rustiques et résistants au froid. Ils sont élevés en alternance avec des chevaux pour la complémentarité des deux espèces. C’est sur un terrain de cinquante hectares, disposant d’une source naturelle et permettant d’avoir le foin nécessaire directe-ment sur l’exploitation, que les bisons et che-vaux vivent. Et c’est bien ça qui fait la fi erté du duo d’éleveurs puisqu’ils proposent aussi des produits issus de leur élevage et peuvent ainsi garantir leur qualité ! Complètement passionnés par les bisons et leur histoire, ils ont créé des visites de leur exploitation ainsi qu’une salle d’exposition dé-diée au bison et à son lien avec le peuple amé-rindien.


A savoir :
Une bonne nouvelle pour la biodiversité : une étude récente à montrée que la présence des bisons avait augmentée le nombre d’espèces d’oiseaux dans les environs !
Des Lamas à Lamazière !

C’est en 2014 que Murielle Bastit accueille son premier lama suite à l’héritage de la ferme fa-miliale. Après avoir été directrice d’un centre de loisir, elle réalise le rêve qu’elle cultivait depuis son enfance : s’occuper de la ferme de ses aïeuls. Elle et son conjoint font des re-cherches pendant une année pour trouver le type d’élevage qui correspondrait à leur cri-tères, entre autre : pas d’animaux d’abattoirs et une espèce facile à vivre avec un bon ca-ractère. Au bout d’un an ils font la rencontre des lamas et le coup de foudre est immédiat. Ils suivent une formation en Haute-Ariège sur un an et accueillent leur trois premiers lamas. Sept ans après ils comptent vingt lamas issus des reproductions, de sauvetages et de dons. Au cœur de la ferme pédagogique, le couple fait découvrir les petits camélidés au travers de balades, d’animations et de médiations par l’animal.


La ferme des Clautres : une myriade d’espèces.
Anciens soigneurs animaliers au Zoo de Beau-val, c’est en Creuse, il y a 20 ans, que Jean-Bap-tiste de Saint Vaury et Arnaud Cantrelle ont repris la ferme des Clautres qui était alors tenue par le père de Jean-Baptiste. En plus des animaux habituels, la ferme accueille une multitude d’autres espèces comme des dro-madaires, des yacks, des buffl es, des alpagas ainsi qu’une importante quantité d’oiseaux. Exit les limousines, à la ferme des Clautres on trouve un élevage de vaches bleue du Nord, une espèce peu commune dans le Limousin. On trouve également une production de poules pondeuses d’ornement qui compte une tren-taine de races ! Les autres espèces sont visibles grâce au parc animalier sur place. On retrouve, sur les 40 hectares de la ferme, 120 espèces dont certaines font partis de programme de conservation comme les tragopans de cabot, une espèce de faisans vivant dans les forêts de rhododendrons.
La passion des gastéropodes.

Héliciculture », derrière ce terme se cache une alternative agricole peu répandue : l’élevage d’escargots. On compte trois élevages principaux de gastéropodes dans notre région dont « Les escargots du Limousin » géré par Cécile Hau-diquet à Saint Priest-Ligoure. Ré-compensée en 2017 comme e-pro-ductrice par la société Pour de bon. Cette hélicicultrice s’est installée en 2014 à 40 ans après quelques expériences dans l’élevage bovin. A Chateauneuf-La-Forêt c’est depuis 2010 que David Fessard ouvre les portes de son exploitation hélicicole. Avec plus de 350 000 escargots élevés en plein air sur 2000 mètres carrés, cette exploitation transforme les es-cargots sur place. La Corrèze compte également son lot de gas-téropodes avec « Les escargots des plaines » créé en 2014 à Sarroux. C’est par passion pour les escargots qu’Olivier Maubert a décidé de quitter Paris et sa vie de coiffeur pour monter sa ferme hélicicole dans laquelle en plus des escargots, l’on retrouve cochons d’inde, che-vaux, moutons, lapins etc.


Des autruches en Creuse
Alors éleveurs de vaches limousines et de co-chons, c’est en 2006, à Sagnat que Philippe et Corinne Ilson ont décidé de diversifi er leur éle-vage. Ce sont les autruches, qui ont attiré leur attention. Connues pour ne pas voler mais être les oiseaux les plus rapides (pouvant atteindre les 80km/h) et les plus grands du monde (jusqu’à 2m75 de haut pour 150kg), elles restent cependant impossible à domestiquer. Ce cheptel unique dans le limousin compte aujourd’hui une centaine d’autruches, étoffé au fi l des printemps grâce aux naissances des autruchons.

Alicia Bertola